Merci d’avoir choisi LINGUADVENTURE© et bienvenue sur mon blog ! Continuons notre exploration de l’enseignement de l’ALLEMAND en langue étrangère à nos apprentis en formation CFC « Agent/-e relation client » et voyons comment la mise en application de techniques pédagogiques et didactiques propres à la formation d’adultes peut s’avérer tout aussi efficace face à un public de très jeunes adultes tout juste sortis de l’adolescence.
Mes apprenants suivent chaque semaine deux sortes de cours d’ALLEMAND en langue étrangère, à savoir les leçons de coaching oral effectuées sous ma responsabilité et sur le site de l’entreprise au sein de laquelle ils font leur apprentissage et les cours d’ALLEMAND en langue étrangère qu’ils suivent au sein de leur école professionnelle.
Les deux contextes sont différents et exigent ainsi la mise en pratique de techniques didactico-pédagogiques spécifiques qui soient adaptées à au contexte d’enseignement concerné.
Je centre mes leçons sur l’oralité autour de laquelle viennent se greffer des concepts de révisions grammaticales de base, en fonction des difficultés et/ou des doutes qui surgissent durant les échanges oraux de mes apprenants (chaque interrogation et/ou erreur étant un prétexte à réviser une règle de grammaire spécifique).

Le contexte d’expression orale travaillée restant le même, il est évident que nous reprenons très fréquemment les mêmes points, comme celui de la déclinaison au nominatif, accusatif et datif (singulier et pluriel) de mots propres à l’environnement professionnel de mes apprentis :

Ces notions sont connues des apprentis mais il est évident que la structure de la déclinaison est encore floue dans leur esprit : j’en profite donc pour introduire des drills de déclinaison de noms en prenant bien garde à faire toujours décliner au singulier et au pluriel et à proposer autant de déclinaison de mots masculins que de noms féminins ou neutres.
Les apprentis connaissent ces notions et savent comment décliner, mais ils manquent clairement de drills en la matière : je profite donc de ce cours pour introduire cette notion de drill qui fait de toute évidence cruellement défaut, ce qui est regrettable car je ne saurais envisager l’apprentissage d’une langue sans cette dimension de drill langagier.

Je pense que le formateur doit alors se muer en coach qui soutient la progression langagière de ses apprenants. Un formateur qui dans un tel contexte chercherait à reproduire point par point le contenu des cours donnés aux apprentis au sein de leur école professionnelle serait – à mon avis – hors sujet : ces leçons ne se comprennent pas comme des « leçons de rattrapage » pour ceux qui n’auraient pas suivis ni compris le contenu des cours donnés à l’école professionnelle et je ne pense pas qu’il soit pertinent de concevoir ce coaching de cette manière.
Il faut véritablement apporter une plus-value qui se situera entre ce que les apprenants ont acquis en termes de compétences langagières au niveau du cycle d’orientation et ce qu’ils continuent d’apprendre à l’école professionnelle et je pense que cette plus-value se situe au niveau de l’oralité.
Chacun sait que l’expression orale est l’aspect le plus difficile de l’apprentissage et de l’acquisition d’une langue étrangère et qu’à chaque étape de cet apprentissage, la maîtrise de l’écriture, de la lecture et de l’expression orale dans la langue-cible doivent être travaillées, en insistant bien évidemment sur le dernier de ces aspects.
Un des atouts indéniables dans l’application de pratiques pédagogique et didactiques propres à la formation d’adultes dans ce contexte d’enseignement linguistique est la possibilité de beaucoup plus mettre à contribution le groupe et la dynamique générale du groupe au profit de l’acquisition des compétences : dans un tel contexte, les apprentis comprennent parfaitement que le collectif (même si celui-ci n’est composé que de trois individus) peut représenter une force et ils apprennent rapidement à utiliser cette dernière à leur profit :
- En posant également des questions à leurs camarades ;
- En m’interrompant à chaque fois que quelque chose n’est pas clair ;
- En créant de ponts entre ce dont il a été question lors des dernières leçons et la leçon présente : preuve qu’ils font l’effort de placer le contenu de la leçon dans un contexte (beaucoup) plus large ;
- …

Ce cours se donne en entreprise et correspond au second cours d’ALLEMAND LANGUE ETRANGERE EN ENTREPRISE que je suis amenée à animer et tout comme lors de ma première intervention en formation-entreprise, il est regrettable de constater à quel point aucun projet ni concept n’a été mis en place en amont de ce cours pour en permettre le bon fonctionnement.
En effet, il n’existe ni projet ni planification des leçons, ni mise à disposition d’objectifs à court, moyen et long terme que nos serions censés atteindre en tant que formateurs. Alors qu’on parle bien d’un cours se voulant comme un complément à la formation d’Allemand, langue étrangère décernée aux apprentis au sein de leur école professionnelle, le support de cours dans lequel les apprentis travaillent à l’école professionnelle n’a pas été remis aux formateurs et aucune espèce d’échange n’a jamais eu lieu entre nous – formateurs en contexte d’entreprise – et les professeurs de langues de l’école professionnelle au sein de laquelle les apprentis évoluent : ceci est fort regrettable et de tels échanges se seraient très certainement avérés propices à la mise en place de leçons véritablement efficaces.

Néanmoins il s’avère que les apprentis sont parfaitement conscients des enjeux en matière d’acquisition langagière en Suisse, particulièrement s’ils envisagent de se donner la possibilité de poursuivre leur carrière professionnelle en Suisse alémanique, ce qui – pour la plupart d’entre eux – semble être le cas. J’ai la chance de travailler avec des apprentis très conscients des enjeux que représente l’acquisition de compétences linguistiques dans leur contexte professionnel et qui s’investissent de manière tout-à-fait réjouissante durant ces leçons et c’est heureux. Bravo à eux !
Le formateur est aussi là pour créer les ponts qui font défaut et pour malgré tout munir ses apprentis des compétences que les experts aux examens attendront qu’ils maîtrisent au terme de leur apprentissage.
La démonstration est ainsi faite que le métier de formateur d’adultes requiert également une bonne dose de capacité à l’improvisation afin de s’assurer que les imprévus qui surgiront nécessairement dans l’exercice de la profession ne « transpirent » aucunement dans le déroulé du cours ni au niveau de son propre engagement à former ses apprenants : le formateur doit s’assurer que sa leçon se déroule dans les meilleures conditions pour ses apprenants, quels que soient les trésors d’inventivité dont il devra faire preuve pour assurer le bon déroulement de ses leçons.
Être un formateur responsable et compétent c’est aussi ça ! 😊
Merci de m’avoir lue.
Isabelle