Repérage des acquis, des besoins, mise en place d’un concept de cours et clarifications grammaticales II
Préambule :
J’indique en préambule de cet article que l’autorisation m’a expressément été donnée par ma hiérarchie de prendre des photos durant toute la durée du coaching linguistique dont il est (et sera) question dans cet article (comme dans les autres au sein de cette catégorie de mon blog et qui ont trait au coaching linguistique dont il est question ici). Je précise également que j’ai été autorisée à faire usage de ces photos dans les articles que je souhaiterai éditer sur ce blog (comme sur les réseaux sociaux) et qui auraient trait audit coaching linguistique, à condition qu’on ne reconnaisse pas l’identité de mes apprenants et que je cache une partie de leur visage sur les photos que je souhaiterais éditer (Conformément à la Loi sur la Protection des Données_Internet et ordinateur_Publication de photographies_Droit à l’image).
Bienvenue sur mon blog et merci d’avoir choisi LINGUADVENTURE© !
Ce second article correspond à la seconde leçon que j’ai donnée dans le cadre du très récent lancement de cours d’allemand, langue étrangère donnés à des apprentis en formation CFC Agent/-e relation client. Ces leçons impliquent un enseignement à différents niveaux de compétences avec des groupes définis selon ces niveaux mais elles ne s’inscrivent dans aucun projet de formation qui aurait au préalable été réfléchi ni conçu, ni encore planifié et aucun objectif de cours n’a été posé. La seule « instruction » qui m’ait été donnée est que mes apprenants devaient être plus ou moins en mesure de comprendre ce qu’un client leur disait dans leur environnement professionnel et qu’ils devaient être capables de lui répondre, de telle sorte à ce qu’il les comprenne, même si le niveau langagier n’était pas d’une maîtrise absolue : les compétences à acquérir se situeront donc à un niveau B1 (voir B2 pour les apprenants qui auraient un niveau un peu plus élevé).
Ainsi, afin d’attraper le bout du fil qui me permettra de dérouler la pelote des compétences et des besoins de mes apprenants, je débute chaque leçon en les impliquant dans un dialogue en allemand faisant appel à du vocabulaire propre à leur environnement professionnel, ainsi qu’au contexte de relation-client dans lequel ils sont plongés pendant la durée de leur apprentissage. Dans ce dialogue, j’inclue sciemment toutes les notions étudiées durant la leçon précédente afin ainsi de procéder à une rapide vérification des acquis. Ceci me permet dans un second temps de repérer les principales difficultés grammaticales et/ou les lacunes de vocabulaire auxquels ils sont confrontés et donc de savoir quels seront mes objectifs de cours durant la leçon en question. Autrement dit, contrairement à ce qui se ferait peut-être plus communément durant un cours de langue, je débute toujours la leçon par les objectifs ultimes attendus des apprenants en fin de formation et les lacunes qui se font jour (au niveau grammatical, en terme de vocabulaire, de tournures de phrases, de fluidité de langage…) sont précisément les points que je creuserai durant la leçon en question.
Une difficulté supplémentaire propre à cet environnement très particulier de formation est que ces leçons ont débuté mi-décembre, à une période où tous les apprentis étaient en vacances, mais bien qu’ils travaillent tous dans le même département, tous n’ont pas leurs vacances en même temps ce qui fait que bien que je dusse me trouver à chaque leçon face au même groupe d’apprenants, celui-ci change constamment ce qui complique encore la donne, car il faut pratiquement tout reprendre à zéro à chaque leçon TOUT EN DONNANT L’IMPRESSION AUX APPRENTIS QUI étaient déjà présents à la leçon précédente que je poursuis sur autre chose alors qu’en réalité je ne fais que reprendre – différemment – ce qui a déjà été étudié durant la leçon précédente…
Je précise également que bien que j’ai – à plusieurs reprises – demandé qu’on me fournisse les supports de cours d’Allemand, langue étrangère sur lesquels mes apprentis travaillent à l’école professionnelle, rien n’a été fait à ce jour et je doute que ces supports me soient transmis à quelque moment que ce soit : il semble donc que le moteur de ces leçons ne soit rien d’autre que l’improvisation efficace… Ceci étant, il me semble pertinent de « structurer » chaque leçon tel que décrit ci-dessus : 1) dialogue spontané de niveau B1/B2 en début de leçon / 2) repérage des difficultés présentes durant ce dialogue / 3) clarification de ces difficultés durant la leçon. Ceci est largement suffisant afin de donner une vraie structure à une leçon que je ne peux – de toute évidence – pas préparer en amont étant donné que je ne sais jamais à qui je devrai la donner…
La flexibilité sera donc le maître mot présidant à toutes les leçons…

Pour la leçon qui est la source de cet article je suis face à des apprenants que je vois pour la première fois et avec lesquels je ne m’exprime qu’en allemand (en faisant bien évidemment attention à rester dans le niveau langagier qui est le leur).
En toute logique nous commençons par nous présenter, ce qui est l’occasion de clarifier ce qui peut être une difficulté grammaticale, à savoir la conjugaison des verbes pronominaux à particule séparable.

Survient ensuite une difficulté récurrente dans l’apprentissage de l’allemand, à savoir la déclinaison des noms et des articles. Les groupes d’apprentis dont j’ai la responsabilité durant ces leçons ne se situent pas tous au même niveau de compétences langagière, ainsi certains d’entre eux ne connaissent pas le génitif alors que d’autres si.
Dans le cas de la leçon sur laquelle je base mon présent article, il s’avère que les apprenants connaissaient le génitif (comme tous les autres cas allemands [nominatif, accusatif et datif]), mais qu’ils ne savaient pas décliner les noms et qu’ils ne comprenaient pas à quoi correspondaient ces cas ni comment décliner un nom (notion qui semble n’avoir jamais clairement été explicitée durant les cours d’allemand qu’ils ont suivis jusque-là).
Pour fixer une bonne fois pour toute ceci, il suffit de leur proposer un tableau clair, tel que celui-ci :

Une fois l’aspect strictement théorique et structurel fixé dans l’esprit des apprenants, il suffit de driller cette déclinaison avec des noms masculins, féminins et neutres afin de fixer cette notion dans l’esprit des apprenants.
A priori on pourrait penser que le fait de driller ceci soit quelque chose de rébarbatif pour les apprenants, or il s’avère qu’il n’en a rien été durant cette leçon et que – bien au contraire ! – les apprenants demandaient qu’on poursuive l’exercice de drill de déclinaison au-delà de ce que j’avais initialement prévu de faire : voilà bien la preuve qu’ils veulent apprendre ! (Que demander de plus lorsqu’on est formateur…).
Deux choses m’ont particulièrement frappée durant cette leçon, à savoir :
- La volonté très marquée des apprentis d’apprendre l’allemand ;
- Et le besoin de fixer des concepts grammaticaux clairs sur lesquels ils puissent s’appuyer.
Il est très réjouissant de constater le niveau globalement très élevé de responsabilité dont ces apprentis font preuve et à quel point ils sont en très grande majorité conscients des enjeux que représente le plurilinguisme dans un pays comme la Suisse où pratiquement chaque entreprise embauchant des employés de commerce ou d’autres collaborateurs pratiquant des professions dites administratives exigeront presque systématiquement la maîtrise (à des niveaux divers) de l’Allemand en langue étrangère.
Tous confirmés qu’à aucun moment on ne leur avait enseigné ceci : ni au Cycle d’Orientation ni durant leurs cours de langue à l’Ecole Professionnelle (chose dont j’avais pleinement conscience, étant donné que je côtoie régulièrement des professeurs d’allemand qui enseignent au niveau du Cycle d’Orientation, comme au niveau de l’Ecole Professionnelle).
Je pense qu’il peut donc être intéressant de profiter de la liberté que ce cours un peu particulier offre pour fixer un maximum de compétences langagières, mais également de clarifier tout ce que les apprentis présenteront comme lacunes grammaticales. Il me semble également que le meilleur moyen de reconnaître ces lacunes consiste simplement à les obliger – en toute douceur – à se jeter à l’eau en les impliquant dès le début du cours dans un dialogue spontané, donc non préparé en allemand, tel que décrit ci-dessus et de profiter des questionnements qui se font jour pour tirer le fil qui ainsi se présente et clarifier une difficulté grammaticale.

En prenant un peu de recul par rapport à cette leçon, il semble évident qu’on bute à nouveau contre ce qui me semble être la principale problématique dans l’enseignement obligatoire décerné de nos jours, à savoir qu’on ne cherche pas à développer des compétences de réflexion ni des compétences analytiques dans l’esprit des jeunes, mais que le seul but est de les gaver d’informations à apprendre par cœur, peu importe qu’ils comprennent ou non les concepts qui les sous-tendent. Lorsqu’on parle de ceci à des professeurs qui enseignent au niveau du Cycle d’Orientation, comme avec certains de leurs collègues enseignant au niveau du collège on nous répond que « La réflexion sur des concepts relève de l’enseignement à compter du collège et au-delà mais n’entre pas en ligne de compte au niveau de l’enseignement obligatoire » : étant donné que je forme des adultes depuis un certain temps déjà, je suis parfaitement consciente de cette problématique, mais je ne peux me permettre de la trouver tout à fait regrettable, d’autant plus que les apprentis demandent à ce que ce types de concepts leur soient inculqués.
J’en resterai là pour cet article et ne manquerai pas de nourrir cette catégorie de mon blog au fur et à mesure des leçons en question.
Merci de m’avoir lue.