Très chères lectrices, très chers lecteurs merci d’avoir choisi LINGUADVENTURE et bienvenue sur mon blog !
Je m’attarderai aujourd’hui quelque peu sur les freins que nous nous mettons lorsqu’il est question de formation d’adultes, de formation complémentaire et de formation en cours d’emploi. Je veux bien sûr parler de toutes ces petites voix intérieures qui nous disent Non, tu n’y arriveras jamais ! ou Tu n’es pas assez qualifié/-e pour suivre ce cours ! ou encore Mais jamais tu ne parviendras à posséder le capital nécessaire pour régler ce module de formation ! Etc. etc. etc.…. Sans parler des personnes que nous croyons être nos amis et qui nous assènent parfois de mauvais conseils dans le but de nous détourner de notre projet, simplement parce qu’ils craignent qu’en nous engageant dans cette voie spécifique de la formation continue, nous ne quittions notre cercle de relations pour en rejoindre un autre… Lançons-nous donc dans l’analyse de quelques pistes qui – je l’espère – vous redonneront confiance en vous et vous aideront à oser le grand saut dans cet extraordinaire univers qu’est la formation à l’âge adulte.
Les raisons qui poussent quelqu’un à s’inscrire à une formation complémentaire ou à une formation en cours d’emploi peuvent être d’origines diverses : recherche d’un nouvel emploi, intérêt et curiosité personnels… Mais on n’ignorera pas que la participation à une formation à l’âge adulte ne répond pas nécessairement à une volonté de l’apprenant : si celle-ci lui est imposée dans le cadre d’un programme de réinsertion professionnelle ou au sein d’une entreprise proposant des formations en cours d’emploi à ses collaborateurs, elle peut ne pas être en phase avec les aspirations personnelles de l’apprenant qui la percevrait alors comme astreignante et elle pourrait ainsi ne pas remporter la pleine et effective adhésion du candidat qui en bénéficierait.
J’ai – à de multiples reprises – été mandatée dans le cadre de formations de réinsertion de personnes au bénéfice de l’assurance-chômage : je suis ainsi parfaitement au fait que la participation à une formation complémentaire peut parfois paraître astreignante à certains apprenants, surtout si le contenu de la formation proposée se trouve éloigné de leurs aspirations. Dans de telles conditions-cadres, le travail du formateur/de la formatrice peut représenter un réel défi, tant au niveau pédagogique qu’humain.
Mais mon propos de ce jour s’adresse à un public qui serait plus enclin à rejeter l’idée d’une inscription à une formation d’adultes basée sur le volontariat parce qu’il considérerait qu’elle relève plus du confort que de la nécessité et qu’elle est un caprice et une dépense d’argent inconsidérée dont toute personne raisonnable devrait savoir se passer !
Je ne partage bien évidemment pas du tout cet avis tout d’abord parce que c’est faire fi de la nature fondamentalement curieuse de l’Etre Humain. En effet, nous sommes – de nature – attirés par la nouveauté et l’idée d’expérimenter quelque chose de nouveau nous intrigue parce qu’elle stimule notre intelligence : observez simplement la réaction de petits enfants lorsque vous les amenez sur une aire de jeux remplie de distractions et vous comprendrez où je veux en venir. Et qu’en est-il de vos époux, Mesdames, lorsque sort le nouveau modèle de téléphone intelligent?…
Alors pourquoi ne laisserions-nous pas fonctionner ce même ressort qu’est notre curiosité caractéristique lorsque nous ressentons un mal-être qui réclame un changement (au niveau professionnel et/ou privé) ? Pour quelles raisons nous convainquons-nous toujours du fait que Les choses sont bien comme elles sont, inutile de changer de vie, tout a toujours bien fonctionné comme ça, alors pourquoi diable changer quoi que ce soit à mon existence… ?
Je pense que nous nous refusons l’ouverture à ce nouveau type d’opportunités car nous craignons qu’en nous engageant sur cette voie nous ne soyons rejetés de nos pairs (amis, relations familiales, collègues de travail…) desquels les nouvelles compétences acquises risqueraient de nous distinguer. Nous craignons non seulement de nous voir rejetés de nos proches, mais également – et surtout – de nous retrouver effectivement seuls, ce qui nous obligerait à devoir changer de cercle d’amis ou au pire à devoir en créer un nouveau. Et notre confort (notamment relationnel) – que nous savons nous être acquis – nous est plus cher que de faire le pari de tout laisser derrière soi pour tenter l’aventure et l’ouverture vers l’inconnu.
Ce qu’on omet souvent dans ce genre de situation est le fait qu’il est parfaitement possible de s’ouvrir vers la nouveauté tout en restant bien implanté là où on est. Acquérir de nouvelles compétences ne signifie pas abandonner ce qu’on a, mais élargir son horizon. Il ne s’agit aucunement de faire le sacrifice de quelque acquis que ce soit pour le remplacer par les nouvelles compétences que l’on vient chercher au travers du module de formation que l’on suit, mais bien d’ajouter de nouvelles compétences à l’acquis préexistant afin d’agrandir et d’étendre ce dernier.
Ce faisant, nous nous ouvrons davantage au monde dans lequel nous évoluons et nous nous donnons ainsi les moyens de mieux le comprendre, de mieux l’appréhender. Comprendre [du latin comprehendere, prehendere (« saisir ») et cum- (« avec »)] signifie bien prendre avec soi une idée (ou un concept) concevable par notre intelligence sur son chemin de vie à venir. Comprendre et connaître les choses c’est ne plus en avoir peur, c’est savoir comment les maîtriser et comment en faire des outils afin d’évoluer dans la direction que l’on veut. Comprendre c’est être maître de sa vie, de son destin et c’est surtout être seul décideur du parcours que sa vie prendra.
Comprendre le monde dans lequel nous évoluons c’est se donner les moyens de le maîtriser, donc d’avoir le dessus sur les évènements et les phénomènes nous entourant. Comprendre le monde dans lequel nous évoluons c’est ne plus en être la victime, c’est faire quelque chose de ce que j’ai à ma portée pour en faire un levier vers ce que je veux être mon parcours de vie et ne plus subir cette espèce de fatalité dans laquelle semble certaines fois nous pousser notre destin, fatalité qui embrume nos pensées, paralyse notre confiance en nous et nous empêche toute progression de vie.
Je suis d’avis que le meilleur moyen d’ouvrir et d’élargir son horizon de vie est l’acquisition de nouvelles connaissances, de nouvelles compétences et que cette acquisition ne peut se faire de manière profitable que par le biais de la participation à une formation officielle et qualifiante, c’est-à-dire menant vers une attestation, un certificat et/ou un diplôme.
Bien sûr, ces formations demandent un investissement en temps et en argent qui n’est souvent pas négligeable mais là encore, le candidat doit choisir : si cet argument financier suffit à lui faire rejeter l’idée de suivre une formation, j’en conclurais alors invariablement que le véritable désir de changement n’est pas là. En effet, nous vivons dans une société qui n’empêche personne de suivre une formation et les aides à cette dernière sont multiples. Il faut – je pense – simplement faire preuve de suffisamment de courage pour demander ces soutiens auprès des instances concernées et par ce biais admettre que oui ! on a besoin de se faire aider et que ceci n’a rien de honteux. Je suis d’avis qu’il faut savoir oser mettre ses faiblesses et ses manquements à nu. Mais on s’attaque ici à quelque chose qui se trouve parfois si profondément ancré en certains individus que ce saut vers la formation d’adultes en devient quelque chose de redoutable.
Je terminerai cette brève réflexion en vous encourageant à vous donner les moyens d’obtenir ce que vous voulez dans la vie. Osez ! Peut-être certains d’entre vous devront-ils laisser ce mot fixé à leur écran d’ordinateur à l’aide d’un post-it durant de longs mois avant de véritablement parvenir à l’intégrer mentalement et à franchir le pas décisif qui changera leur vie.
Et peu importent d’ailleurs les moyens que vous devrez mettre en œuvre pour y parvenir. L’essentiel je crois est de se mettre en chemin vers ce qu’on veut être son futur, sa vie et – en fonction de ce que notre présent peut nous offrir – de petit à petit se donner les moyens, notamment par la formation continue, de gravir les marches de la progression de son propre destin.
« Le but, c’est le chemin. »
(Goethe)
