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La pandémie de Covid-19 bouleverse toutes nos habitudes de vie et nous oblige non seulement à redoubler de vigilance afin de ne pas contracter le virus, mais aussi à modifier nos comportements sociaux dans la vie courante et donc également en situation de formation d’adultes. En effet, les précautions à prendre en termes de distanciation sociale amputent le choix et la disponibilité des organisations sociales dont chacun d’entre nous – formateur et responsable de projet de formation – faisions usage lors de nos interventions de cours et/ou lors de la conception de projets de formation avant l’apparition de la pandémie. Ces précautions sanitaires nous obligent ainsi la plupart du temps à déplacer nos formations de nos salles de cours habituelles vers des salles virtuelles que des outils tels que Skype, Zoom, Microsoft Teams, Google Meet, Mikogo, Livestorm (et tant d’autres) nous mettent fort heureusement à disposition pour nous permettre de poursuivre notre activité de formateurs.
Ces diverses technologies sont garantes du maintien de notre activité de formateur et – je ne le répéterai jamais assez… – nous leur en sommes infiniment (!) reconnaissants, mais elles nous privent également de nombre de ressorts (conscients ou inconscients) auxquels nous avions recours afin de faire passer la matière de cours lorsque nous pouvions encore enseigner de manière plus traditionnelle, à savoir en situation de cours en plénum sous forme de conférence au sein d’une salle et/ou d’un auditorium et en face d’un public d’apprenants rassemblé pour l’occasion.
Dans cet article, nous prendrons sous la loupe quelques-unes des modifications importantes dans le comportement du formateur qu’impliquent ces changements de vecteur d’enseignement et tenterons d’analyser comment un formateur pourrait les tourner à son avantage pour en faire de vrais ressorts de transmission des compétences et des objectifs de cours que chacun de nous nous fixons lors de nos interventions en formation.
Lors d’une animation de cours en formation d’adultes que je qualifierais de traditionnelle – qui donc a lieu dans une vraie salle de classe ou de conférence et en présentiel – le formateur se doit d’adopter une attitude quelque peu théâtrale pour diverses raisons que je n’évoquerai pas ici, mais qui seront évidentes à tout formateur aguerri. Le langage corporel est donc un outil que tout formateur utilise à des fins de transmission de son message en formation, mais qui lors d’un cours en ligne s’avère presque obsolète. En effet, présenter une formation d’une demi-journée devant une caméra d’ordinateur réduit de toute évidence considérablement l’environnement dans lequel le formateur se meut en situation normale. Les éléments propres à une animation de cours en présentiel devant un groupe d’apprenants et qui permettent de fait au formateur d’être un peu extravagant et haut en couleur face à son auditoire disparaissent lors d’un cours en vidéoconférence et lors de l’utilisation d’outils pédagogiques en ligne. En salle le formateur pourra jouer avec l’espace et déplacer son flipchart, son whiteboard, voire son bureau à différents endroits de la pièce à des moments choisis de son intervention afin de renforcer la transmission de son message : un tel jeu avec l’environnement est de fait impossible lors d’une formation en ligne. Impliquer les participants à un workshop en leur mettant à disposition du matériel tels que des feutres, des crayons, des feuilles de flipchart, des feuilles de couleurs, de dimensions et de formes géométriques différentes afin de créer un panneau de présentation est tout aussi impossible en situation de cours par vidéo-conférence et ceci ampute le formateur d’un puissant outil de transmission du savoir et d’un important facteur de conditionnement et de motivation de son public d’apprenants.

Afin de s’assurer que dans un cours en ligne, le message transmis soit une réelle EXPERIENCE d’apprentissage comme ça serait le cas en situation de cours en classe, le formateur s’efforcera de faire (inter-)AGIR ses apprenants en leur proposant des activités en plénum, en sous-groupes… impliquant – dans la mesure du possible – un maximum des 5 sens des participants. Plus la nature et la structure des activités proposées obligeront les apprenants à s’impliquer personnellement, intellectuellement et émotionnellement parlant, plus elles seront susceptibles de les marquer sur le long terme ce qui optimisera d’autant plus la fixation des objectifs de cours. Lors d’un cours en ligne on peut créer un environnement propice à ce genre d’exercice en isolant durant quelques instants les apprenants en sous-groupes que le formateur pourra virtuellement intégrer à sa guise sans interférer sur le travail du sous-groupe. On pourra faire agir nos apprenants en leur proposant des activités les obligeant par exemple à symboliser une idée, un concept très simple avec quelques feutres sur une feuille de papier qu’ils présenteront devant leur caméra.
En situation de cours par vidéo-conférence il est souvent difficile pour un formateur de capter les réactions de ses apprenants par rapport à la matière enseignée et il est surtout compliqué de percevoir ces réactions en temps réel. Il est ainsi difficile pour le formateur de s’adapter au moment voulu à ces dernières et d’y ajuster la suite de son cours. Il est donc primordial que le formateur soit très réceptif à l’expression faciale et à la manière de s’exprimer de ses apprenants lors d’un cours en ligne afin de tout de suite déceler et d’éradiquer la moindre trace d’ennui et de désintérêt en impliquant le ou les participant(s) concerné(s) – (on pourra à cet effet par exemple déléguer une responsabilité au sein de son groupe à un apprenant dont on sentirait que l’attention flanche subitement).

La vidéo-conférence est – pour une grande partie d’entre nous, formateurs – un nouvel environnement dans lequel nous pouvons nous avérer tout aussi performants qu’en formation live, mais il faut apprendre à apprivoiser ce médium de communication afin d’y être à l’aise et d’en tirer tout le potentiel. Une fois cette aisance acquise par le formateur, il pourra être pareillement convaincant et efficace dans son enseignement en ligne qu’il l’était (l’est) en animation de cours devant un plénum rassemblé dans une salle de classe et/ou une salle de conférence.
Pour maintenir l’attention des participants, le formateur doit certaines fois – lors d’un cours en vidéo-conférence – s’immiscer de manière inattendue dans le groupe qu’il laisse travailler seul afin simplement de créer un effet de surprise qui lui permettra de relancer et de recapter l’attention des participants et ainsi de s’assurer qu’ils soient toujours focalisés sur le contenu du cours.
Le formateur qui n’est pas habitué à travailler exclusivement en vidéo conférence peut être confronté à une peur instinctive à l’idée de devoir donner un cours en ligne et si c’est le cas, il est important qu’il se rassure et se conditionne avant le cours afin d’être au maximum de ses capacités. Pour certains, cette phase de conditionnement consistera en une promenade à l’air libre, pour d’autres elle prendra plutôt la forme d’un exercice silencieux d’introspection et de retour sur soi… mais dans tous les cas, le formateur doit à tout prix trouver un palliatif à cette peur afin d’assurer son intervention en cours.
Lors d’une formation en plénum, un formateur occupe une position de leader et il est également présent sur les lieux à l’avance non seulement pour préparer sa salle à son intervention de cours mais aussi afin de recevoir personnellement, voire individuellement les participants à son cours. Ce premier contact certaines fois un peu plus personnel avec ses apprenants peut s’avérer fondamental pour le bon déroulement de la suite du cours, car le formateur prend ainsi la mesure de l’état d’esprit de ses futurs apprenants et adaptera son attitude, voire son cours à cette première prise de température. De toute évidence, cette étape très importante dans le déroulé d’une intervention en formation n’est plus là en situation de cours en ligne et il faudra alors trouver d’autres moyens d’atteindre cet objectif. Lors d’un cours en ligne (par Zoom ou autres) il est important que le formateur soit toujours présent 10 voire 15 minutes avant le début de la leçon afin de souhaiter la bienvenue aux apprenants au fur et à mesure de leur arrivée dans la classe virtuelle. Ainsi lorsque le cours commence, le formateur a déjà certaines clés en mains lui permettant d’ajuster son cours, son ton… à l’état d’esprit de ses apprenants.
En situation de formation en vidéo-conférence le formateur doit modifier quelque peu sa tenue vestimentaire habituelle et se vêtir de manière un peu plus informelle que ce qu’il ferait en situation de cours devant un auditoire dans une salle de conférence. Ici le Dress Code exigera qu’un homme porte une chemise avec cravate et veste ; en situation de vidéo-conférence cette tenue est inappropriée. On préfèrera alors quelque chose de plus relax tel qu’un sweatshirt ou un t-shirt et on laissera de préférence la veste et la cravate dans l’armoire.
Au Dress Code s’ajoutera bien évidemment l’arrière-plan du rendu vidéo que le formateur présentera lors d’un cours en ligne. De toute évidence, la majeure partie des cours en ligne se donnent via Zoom. Il est important par Zoom de faire attention à l’arrière-plan. La majeure partie des formateurs auront remarqué que l’effet halo n’est pas bon par Zoom et qu’il perturbe l’attention des apprenants. Il est donc important de faire attention au type d’arrière-plan utilisé et de s’assurer que ce dernier ne soit pas un élément perturbateur pour nos apprenants.
Le choix de l’arrière-plan présent dans la pièce de laquelle le formateur anime son cours en ligne est primordial. Lorsqu’on utilise un arrière-plan virtuel, afin que les gestes et les pourtours du corps ne soient pas rognés par l’effet-vidéo, il faut que le réel arrière-plan soit vert (comme dans tout effet vidéo). On pourra également adapter l’arrière-plan virtuel au cours donné et/ou aux apprenants (p.ex. si on donne un cours à des personnes domiciliées à Genève alors que soi-même on ne l’est pas, on peut choisir de placer une image du jet d’eau de Genève en arrière-plan : ceci permet de créer un lien avec son auditoire et également de mettre en place un effet rassurant et rassembleur). Il n’est pas nécessaire que le tissu vert de l’arrière-plan réel soit trop grand : des dimensions de 1.8 par 2.8 m suffisent à couvrir la surface de prise de la caméra (si on se tient à une distance raisonnable de sa prise de vue). Mais le/la formateur/-trice peut bien évidemment garder le véritable arrière-plan de la pièce dans laquelle il/elle se trouve : ceci confère aux apprenants un petit accès à la vie privée du formateur/de la formatrice ce qui permet d’en rassurer certains et de renforcer le lien qu’en situation de cours en plenum le formateur/la formatrice créerait naturellement avec ses apprenants par le contact direct lors des activités du cours proposées tout au long de son intervention.

Notons aussi qu’un cours par vidéo conférence implique que le formateur maîtrise l’étendue de ses gestes, afin que ses mains et ses bras restent toujours entièrement visibles dans la surface de prise de vue de la caméra. Ainsi un formateur qui en situation de cours en plénum a tendance à utiliser l’entier de l’espace à des fins d’expressions personnelle et pédagogique devra – en situation de cours en ligne – très certainement réduire ses gestes afin que ceux-ci restent intégralement visibles sur la surface de prise de vue et qu’ils soutiennent effectivement son message.
Lors d’un cours en ligne, il est important que le matériel (audio et vidéo) fonctionne de manière optimale. Il faudra donc le tester avant avec un ami avant de se lancer dans sa première intervention de cours en ligne afin de s’assurer que l’audio et la transmission de l’image fonctionnent bien. On décidera alors s’il faudra faire usage d’un micro supplémentaire et si oui, de l’endroit où le placer (à vide devant soi ou supporté par un casque qu’on portera sur la tête afin que le micro soit tout près de la bouche…). On prendra également garde à bien positionner sa caméra afin que l’intervenant ne prenne pas toute la place dans la prise de vue et surtout que son visage se situe à la moitié, voire au maximum aux ¾ de la hauteur de l’écran.
Un formateur d’adultes connaît les fondamentaux environnementaux qui doivent être en place avant de se lancer dans une intervention réussie et lorsqu’il se déplacera en entreprise (ou vers ses clients) afin de donner sa formation, il se munira lui-même d’un minimum de matériel dont il aura besoin afin de garantir cette mise en place de base nécessaire à la réussite de son intervention. Il en va de même lors d’un cours en vidéo-conférence. Ceci est un point à ne pas négliger et on réfléchira à ce qu’il est important de montrer à la caméra, tant en termes de promotion de l’institution qu’on représente, qu’en termes de projection positive et crédible de sa propre image de formateur. Chaque outil de vidéo conférence (Zoom, Skype, Microsoft Teams ou d’autres) demande un temps d’adaptation, de prise en mains du médium de communication par le formateur jusqu’à ce qu’il se sente parfaitement à l’aise et qu’il puisse passer outre cette technologie pour ne se focaliser que sur le message qu’il doit et veut faire passer et être parfaitement à l’aise dans cette transmission, ainsi qu’avec l’outil de vidéo-conférence. A cet effet il suffira alors simplement de s’exercer « à blanc » avec un ami avant de se lancer dans le cours en ligne à proprement parler, mais il faut bien avoir conscience de cet élément-ci afin de l’intégrer de fait dans sa planification de module de cours.
Une autre différence certainement ressentie par tout formateur lors d’un cours en ligne est le léger décalage que l’outil informatique entraîne avec soi lors de ce que nous pourrions qualifier de quittancement des apprenants, en d’autres termes lors de la confirmation – par leur expression faciale entre autres – que le message est bien passé. Alors qu’en présentiel le formateur constate quasi immédiatement ce quittancement il se peut que lors d’un cours en ligne un léger décalage se fasse sentir à ce niveau-là et il est important que le formateur en ait conscience afin d’y adapter le rythme de son cours, de son discours et partant, la planification de son intervention.
Voilà – à mon avis – les principales pierres d’achoppement et/ou modifications qu’on rencontrera lorsqu’on passera d’un cours en présentiel à un cours en ligne. Il est important d’avoir conscience qu’il ne s’agit là que de notions de nature technique qui peuvent en freiner certains, mais qui – à mon avis – ne devraient pas avoir un grand impact sur la manière que nous avons d’appréhender notre métier de formateur et/ou de responsable de formation. Le fond de notre engagement consiste à faire passer des messages à nos auditeurs et à leur permettre d’acquérir de nouvelles compétences. Ce passage obligé par un médium électronique pour communiquer avec notre auditoire n’est peut-être – pour certains d’entre nous – que momentané et il ne s’agit donc pas de perdre tous ses moyens pédagogiques parce que cette technologie en effraierait quelques-uns. On n’attend pas d’un formateur qu’il soit un geek des outils informatiques mais bien qu’il enseigne quelque chose susceptible de grandir l’existence de ses apprenants et de leur faire acquérir de nouvelles compétences : tout apprenant sain d’esprit sera parfaitement conscient de ceci et pardonnera toujours les quelques petits couacs de son formateur/sa formatrice si ces derniers débutent dans l’utilisation de ces outils de communication. Et il me paraît primordial d’insister sur le fait qu’un formateur ne doit jamais perdre de vue que l’important est bien de faire passer un message à ses apprenants et de leur inculquer de nouvelles compétences et non de savoir s’il maîtrise suffisamment la création de sous-groupes dans ZOOM, par exemple. N’oublions jamais de bien faire la distinction entre le FOND DU MESSAGE A TRANSMETTRE et sa FORME (constituée ici par les outils – pédagogiques, didactiques, technologiques… – utilisés par le formateur lors de son intervention en cours).
Ci-après un petit PDF à télécharger qui présentera les différents outils auxquels j’ai fait référence dans les quelques lignes ci-dessus.
Merci de m’avoir lue et plein succès dans vos interventions en formation en ligne !
Isabelle