Merci d’avoir choisi Linguadventure© et soyez les bienvenus sur notre blog. La diffusion de nos articles reprend après plusieurs mois de silence dus à une formation continue suivie par notre rédactrice en chef, silence dont – nous l’espérons – vous saurez nous excuser.

Nous entamons ce jour une série d’articles ayant trait au chômage (sujet que nous avions déjà abordé précédemment), car il est clair pour tout un chacun que la pandémie du Coronavirus aura un impact certain sur l’évolution du taux de chômage dans les pays touchés, dont la Suisse fait partie. Selon un article paru début septembre 2020 dans le journal 24 heures «La crise du Covid a en effet fait exploser à des niveaux sans précédent les charges de l’assurance chômage», ce qui – à ce stade de l’évolution de la pandémie – n’est plus un secret pour personne.

Il nous semble dès lors important de continuer de proposer des outils susceptibles d’aider les personnes au bénéfice de l’assurance-chômage à s’en sortir et à retrouver un emploi le plus rapidement possible. Plongeons nous donc sans plus tarder dans l’exploration de quelques clés de sortie du chômage dont la liste proposée ci-dessous n’a pas pour prétention d’être exhaustive. Espérons que ces dernières puissent être utiles à nos lecteurs.

Chaque ancien chômeur exerçant une profession stable depuis plusieurs années vous le confirmera : réussir sa sortie du chômage, c’est 90% de travail personnel et 10% d’aide de l’ORP (pour plus de détails à ce sujet, veuillez vous rapporter à nos articles précédents). Nous parlons bien ici de sortie (définitive s’entend) du chômage et n’intégrons bien évidemment pas dans cette catégorie les personnes retombant fréquemment dans un statut de chômeur après avoir été professionnellement actives pendant quelques mois. Nous pensons que ce retour à la case départ n’est pas tant lié à un manque de compétences qu’à un problème d’attitude générale et peut-être de manque de volonté et d’engagement de l’individu face à la chance qui lui est offerte de recouvrer un emploi, même si celui-ci ne correspond pas à ses aspirations profondes en matière professionnelle et/ou même s’il se situe aux antipodes de ses propres compétences et/ou de sa propre formation : en effet, combien sont-ils les universitaires à occuper de simples postes de secrétaires et/ou d’employés administratifs après s’être retrouvés au chômage au terme de leurs études, alors que leurs compétences effectives sont infiniment supérieures au contenu du cahier des charges du poste qu’ils occupent ? Parvenir à se maintenir à ce type d’emploi sur le long terme afin de s’assurer un salaire et afin d’éviter de (re-)tomber au chômage demande beaucoup de force de caractère, de volonté et de résilience et ce sont peut-être là les qualités qui manquent aux chômeurs dans l’incapacité de garder un emploi qui leur est proposé.

Nous vous suggérons donc ci-dessous quelques tuyaux non-exhaustifs qui – espérons-le – vous aideront à définitivement ranger la notion de chômage dans un passé révolu qui ne saurait refaire surface.

Comme déjà mentionné précédemment, nous pensons que tout chômeur doit impérativement avoir à l’esprit qu’être chômeur n’équivaut pas à la possibilité de bénéficier de plus ou moins deux ans de vacances payées par l’état. Certes lorsqu’une personne se retrouve au chômage, elle peut – en fonction de ce qu’elle aura préalablement cotisé à l’assurance-chômage – avoir la certitude d’encaisser ses indemnités pour une période de deux ans, ce qui présente déjà une garantie de survie. Mais nous ne saurions suffisamment rendre les chômeurs attentifs au fait que plus ils passeront de temps à l’assurance-chômage, plus leurs chances de recouvrer un emploi s’amenuiseront (les employeurs se méfient généralement – et à raison – des personnes restées trop longtemps en inactivité professionnelle).

Être chômeur implique donc nécessairement la mise en place d’un compte à rebours : quel que soit le nombre d’indemnités auxquelles le chômeur a droit, il les recevra normalement durant une période maximale de deux ans, appelée délai-cadre d’indemnisation (mais ceci peut varier en fonction de l’âge du chômeur, ainsi que du délai durant lequel il aura préalablement cotisé à l’assurance-chômage). Nous conseillons donc tout d’abord à la personne qui vient de tomber au chômage de se renseigner le plus rapidement possible auprès de son ORP quant à la durée de versement et au montant d’indemnités auxquelles elle aura droit. Ce premier pas lui permettra de fixer un cadre temporel et d’éviter d’être surprise par le couperet que pourrait représenter la fin de ce délai-cadre s’il devait s’avérer inférieur à ce à quoi le chômeur concerné s’attendait. Il s’agira ensuite pour le chômeur de savoir que faire de ce temps qui lui est imparti et comment – au mieux – l’amortir et s’en servir (car il s’agira bien d’être proactif et surtout pas d’adopter une attitude paresseuse et – passez-nous l’expression – je-m’en-foutiste).

Le chômeur doit ensuite bien avoir conscience de ce que sont ses obligations de chômeur à l’égard de son Office Régional de Placement. Le chômeur ne doit s’autoriser aucune erreur à ce niveau-là et nous insistons sur ce point, car un ORP peut pénaliser un chômeur qui n’aurait pas suivi les obligations qui sont les siennes, les pénalités se traduisant par une suspension des droits aux indemnités calculée en jours. Tout chômeur a droit à un certain nombres de jours d’indemnité payés par mois dont les jours de pénalité seront déduits et qui impliqueront nécessairement une diminution du montant que son ORP lui versera en fin de mois. Ces pénalités s’articulent en termes de faute légère, faute moyenne et faute grave où la « faute grave » peut impliquer une suspension de 60 jours d’indemnité (ou pénalité de 60 jours), ce qui est conséquent.

Afin d’éviter d’être pareillement sanctionné, nous ne saurions que vivement conseiller à tout chômeur d’être parfaitement au clair quant à ses obligations à l’égard de son Office Régional de Placement. Si les choses ne sont pas claires, qu’il se renseigne – autant de fois qu’il sera nécessaire – auprès de son conseiller et/ou par téléphone directement auprès de son ORP quitte à poser vingt fois la même question en l’espace d’une seule semaine. Il doit être conscient du fait que lui aussi a un cahier des charges à remplir à l’égard de son ORP et que s’il ne le fait pas (ou mal pour cause d’incompréhension de ce qui est effectivement attendu de lui), les conséquences peuvent s’avérer très coûteuses.

Vient ensuite la partie plus proactive à laquelle le chômeur sera confronté, à savoir ses recherches d’emploi. La première étape à franchir lorsqu’on se lance dans ses recherches d’emploi est de savoir ce qu’on entend par la notion de compétences professionnelles. La définition la plus simple et la plus communément admise de la compétence professionnelle est la suivante : La compétence est une qualification professionnelle. Elle se décline en savoirs (connaissances), en savoir-faire (pratiques) et en savoir être (comportements relationnels) ainsi qu’en aptitudes physiques. Elle est acquise, mise en œuvre ou non sur le poste pour remplir les tâches qui sont attendues (in : jobintree.com>definition-competence-49).

La maîtrise de la définition d’une compétence professionnelle est une chose assez complexe pour la compréhension de laquelle une personne en recherche d’emploi nécessitera peut-être l’aide d’un professionnel en la matière. Dans la mesure du possible nous ne saurions que conseiller à tout chômeur de commencer par faire un bilan de compétences afin de savoir où il en est et quelles sont les compétences dont il bénéficie et qu’il pourra faire valoir auprès d’un employeur. Il existe différents types de bilans de compétences et nous renvoyons nos lecteurs à nos articles précédents qui leur indiqueront comment procéder à un tel bilan.

Le bilan de compétences permet non seulement au chômeur de savoir où il se situe en termes d’employabilité, c’est-à-dire quelle est sa valeur aux yeux d’un employeur et donc quelles sont ses chances de retrouver un emploi, mais le chômeur peut, à partir de son bilan de compétences, également envisager quelle voie suivre afin d’obtenir le poste de ses rêves après être d’abord sorti du chômage et après avoir peut-être pendant plusieurs années occupé un poste totalement inintéressant, mais garant d’un salaire. La recherche d’un poste équivalent à ses propres aspirations professionnelles et/ou intellectuelles peut certaines fois ne venir que dans un second temps, une fois le versement d’un salaire mensuel garanti (même par un emploi inintéressant et rébarbatif).

Lorsqu’on tombe au chômage il est également important de connaître la structure du monde du travail du pays dans lequel on évolue, car cette structure est propre à l’économie d’un pays qui présente nécessairement des particularités nationales et régionales. Différents sites internet permettent d’avoir rapidement une vision très claire en la matière pour ce qui concerne la Suisse, nous n’en citerons ici que quelques-uns, sans chercher à marquer de préséance ni de préférence en la matière : travailler-en-suisse.ch, seco.admin.ch, emploi-ensuisse.ch, panorama.ch… Une simple prise de contact téléphonique ou écrite avec les entités en question permettra de demander de la documentation supplémentaire. N’oublions pas non plus que les ORP sont également en mesure de fournir leurs chômeurs en matériel ayant trait au sujet concerné.

Après avoir mis en regard ses acquis (à savoir sa formation, ses compétences, ainsi que son expérience préalable), le chômeur travaillera à la mise en place d’un projet de réinsertion professionnelle clair. Autrement dit maintenant qu’il saura quelles sont les compétences qu’il peut faire valoir auprès d’un employeur, il envisagera quels sont les postes auxquels son profil lui permettra d’avoir accès et il déterminera quelle sera la marche à suivre afin de (re-)trouver un emploi (en CDD ou CDI) dans le champ des possibles que lui ouvriront ses compétences du moment. Dans cette optique il s’enquerra des nouvelles compétences qu’il devra acquérir afin de s’approcher toujours plus de son idéal en matière d’emploi. Il cherchera également à savoir quelles institutions seront susceptibles de lui enseigner les compétences requises puis il présentera lui-même ce projet de réinsertion professionnelle à son conseiller ORP en lui demandant son avis (à savoir si le conseiller considère le projet comme faisable) et en demandant si son ORP accepte de lui financer la (ou les) formation(s) complémentaire(s) nécessaire(s) à l’atteinte des objectifs fixés. Si la réponse de l’ORP est positive, nous conseillons vivement au chômeur d’également demander quelles conditions l’ORP met à la mise en application et au financement de ce projet. Si rien ne s’y oppose, le chômeur doit bien comprendre que ceci représente très certainement LA chance tant attendue qui sera garante de sa sortie du chômage : il s’agira donc de ne pas la laisser passer.

La personne en recherche d’emploi doit également être capable de valoriser et de présenter ses compétences actuelles à l’oral et dans beaucoup de cas également à l’écrit (ceci dépendra bien évidemment du type d’emploi et du niveau de compétences requises à l’exercice de la profession concernée). Mais prenons l’exemple d’une personne au chômage maîtrisant la langue nationale (ou une des langues nationales dans le cas d’un pays plurilingue tel que la Suisse), personne qui possèderait également un CFC de commerce, ces compétences-là lui seront demandées tant dans la rédaction de ses lettres (ou courriels) de candidature que lors des entretiens auxquels elle sera conviée lorsque sa candidature préalable aura intéressé un employeur et qu’elle l’aura amenée jusqu’à ce stade crucial de l’entretien oral (qu’il s’agisse d’un stage, d’un emploi en CDD ou en CDI). A nouveau, plusieurs institutions spécialisées proposent des formations permettant aux candidats à l’emploi d’apprendre les clés d’une telle valorisation.

Nous conseillons ensuite aux personnes en recherche d’un emploi d’envoyer mensuellement beaucoup plus d’offres de services que le minimum requis par l’ORP. L’objectif ici recherché est bien évidemment d’augmenter au maximum ses chances de trouver un emploi. Mieux vaut devoir refuser une nouvelle offre d’emploi parce qu’on a déjà signé son CDI ou son CDD plutôt que de se trouver à engager un nouveau mois à l’assurance-chômage, sans perspectives de sortie à l’horizon. Un chômeur ne devrait jamais perdre de vue qu’il envoie ses candidatures non pas d’abord pour s’assurer d’encaisser les indemnités auxquelles il a droit, mais bien avant tout afin de (ré)intégrer le monde du travail.

Il est également important qu’une personne au chômage apprenne et/ou s’exerce à passer un entretien d’embauche. Bon nombre de chômeurs sous estiment l’importance de la préparation souvent nécessaire à cette étape. En effet, un entretien d’embauche n’a pas pour seul objectif pour l’employeur de côtoyer une première fois la personne dont le CV l’aura intéressé, mais surtout de vérifier la capacité du candidat à se vendre, tout comme sa capacité à trouver sa juste place dans le cercle restreint des recruteurs présents (capacité garantissant les recruteurs de l’aptitude du candidat à savoir trouver sa juste place future au sein de l’entreprise), mais également – souvent – à mesurer la capacité d’adaptation du candidat à divers stimuli verbaux ou relevant simplement du langage corporel. Dit plus simplement, il s’agit également souvent de mesurer la capacité d’adaptation du candidat au sein du petit groupe formé des personnes en présence lors de l’entretien : n’oublions pas que le travail en entreprise se fait au sein de teams et ce que nos collègues germanophones qualifient de Teamfähigkeit (capacité du candidat à trouver sa place au sein d’un team, ainsi qu’à évoluer au sein de ce team, sans mettre le fonctionnement de ce dernier en péril) est une compétence professionnelle essentielle et par là même de plus en plus recherchée par les recruteurs.

Si un chômeur estime qu’une (ou plusieurs) formation(s) complémentaire(s) est ou sont nécessaire(s) à sa sortie du chômage, il cherchera alors à savoir de quelle(s) formation(s) il s’agit, où il pourra la/les suivre et à quelles conditions (prix, inscription, durée, nombre limite d’inscriptions, prérequis…). Il suffit à cet effet de consulter les sites internet des institutions pourvoyeuses des formations en question et – si le contenu du/des site/-s internet devait ne pas suffire à répondre aux interrogations posées – on n’hésitera pas à contacter les institutions et/ou entreprises en question afin de compléter sa vision d’ensemble. Le sujet de la formation préalable et/ou continue étant une chose extrêmement complexe dans un pays comme la Suisse proposant autant d’offres en la matière nous ne pouvons que conseiller à la personne curieuse de se lancer dans la recherche d’un parcours de formation qui lui est propre de se documenter sur les formations existantes et leurs conditions de participation et de se faire un propre classeur ou dossier fouillé et très structuré en la matière qui s’avérera être un formidable outil de progression personnelle.

Une fois cette étape de clarification d’objectifs personnels franchie, il est important que le chômeur présente les recherches de formations qu’il a effectuées à son conseiller et qu’il lui en parle : son conseiller lui dira alors s’il estime cette formation pertinente et utile au chômeur et surtout ce que le chômeur devra entreprendre afin de la financer, de s’y inscrire puis de la suivre. Si le conseiller juge que la formation en question n’est pas pertinente, il pourra alors réorienter le chômeur vers des formations plus adaptées à son niveau actuel de compétences et – pourquoi pas – proposer à ce même chômeur une marche à suivre sur le plus long terme afin qu’il parvienne à atteindre ses objectifs. L’ORP peut accepter de financer une formation pour un chômeur à partir de l’instant où celle-ci s’inscrit dans un réel projet professionnel et qu’elle présente un véritable intérêt à l’accomplissement de ce projet.

Nous insistons lourdement sur cette notion de projet professionnel, car elle suppose un cheminement sur le long terme qui s’échelonne bien au-delà de la sortie du chômage. Envisager les choses avec ce type de vision à (très) long terme peut aider le chômeur non seulement à sortir de manière définitive du chômage, mais également à se projeter dans une véritable vision de ce qui pourra devenir un beau parcours professionnel (et pourquoi pas une véritable carrière).

Tout chômeur sait que certaines clés président à la conduite d’un entretien d’embauche : nous ne les énumérerons pas ici et renvoyons nos lecteurs à des sites spécialisés en la matière pour de plus amples informations. Toutefois nous ne pouvons qu’encourager tout chômeur à rechercher à maîtriser ces clés, autrement dit à savoir – dans les grandes lignes – comment il faut répondre à certaines questions(-pièges) d’un entretien et surtout quelle attitude adopter lors de l’apparition de telles questions. Les notions d’interculturalité sont ici également à prendre en considération. Dans certaines cultures/pays, on attendra qu’une personne se comporte de manière (très) pudique et retenue face à un inconnu et/ou face à un supérieur hiérarchique alors que lors d’un entretien suivant l’envoi d’une candidature, les représentants de l’entreprise chercheront peut-être à repérer la capacité du candidat à prendre des décisions par lui-même, à anticiper une action professionnelle (sans que l’ordre ne soit préalablement venu de sa hiérarchie) et à adopter une attitude professionnelle considérée comme créative (la créativité est en effet de plus en plus demandée dans bon nombre de postes à repourvoir). Nous conseillons aux personnes étrangères à cette notion de demander à leur conseiller ORP si et en quoi elle peut être importante pour leur projet de réinsertion professionnelle et si leur conseiller ORP estime qu’elles la maîtrisent suffisamment pour assurer leur projet de (ré-)insertion professionnelle ou si au contraire elles ne devraient pas plutôt suivre un cours sur le sujet. Si tel est le cas, le candidat vérifiera s’il lui est possible de suivre un tel cours et si la caisse de chômage auprès de laquelle il est inscrit accepte de le soutenir dans ce projet de formation.

Lorsqu’on est au chômage, on ne négligera pas non plus l’importance des stages. A défaut de signer un contrat en CDD ou en CDI, peut-être faudra-t-il envisager de passer d’abord par la case du stage. Ceci permettra au chômeur d’acquérir de l’expérience dans un domaine professionnel qui lui est peut-être inconnu et d’obtenir une attestation de l’employeur au terme de ce stage. (On pourra faire valoir ces attestations comme preuves de son engagement auprès d’autres entreprises auxquelles on enverrait des offres de services et qui bien évidemment accepteraient l’envoi de telles attestations). Nous sommes parfaitement conscients que les stages sont une arme à double tranchant : l’aspect positif est qu’ils permettent indéniablement l’acquisition de nouvelles compétences et qu’ils maintiennent le chômeur dans un rythme de travail professionnel, mais l’aspect négatif est que ces compétences ne seront pas nécessairement utiles au chômeur et que si ce dernier présente une liste interminable de stages à un recruteur potentiel, celle-ci risquerait de prétériter la vision qu’il se fait du candidat qu’il a en face de lui. Donc des stages, oui mais à dose raisonnable, intelligente et réfléchie qui soit toujours en phase avec son projet professionnel.

Un autre exercice auquel tout chômeur devrait se soumettre afin de savoir où il se situe et ce qu’il doit encore entreprendre afin de retrouver un emploi consiste à appeler les entreprises desquelles il aurait essuyé des refus afin qu’elles lui disent ce qui manquait à son profil pour obtenir le poste. C’est une opération périlleuse et pénible pour le chômeur, mais elle lui permettra de déterminer s’il est utile de s’engager dans une (ou plusieurs) formation(s) complémentaires afin d’acquérir les compétences en question, à condition bien sûr qu’elles cadrent dans le projet professionnel qu’il s’est fixé (il n’hésitera à demander à son conseiller comment procéder en la matière afin de ne pas faire de faux-pas).

On ne saurait ensuite que conseiller à tout chômeur de tout tenter afin de décrocher à tout prix un emploi en CDD, en CDI ou un stage (même si l’emploi concerné ne correspond pas à ses attentes) afin de sortir de l’engrenage enfermant du chômage. (Si le CDI obtenu ne correspond pas à ses aspirations professionnelles, on peut toujours – par après – continuer de postuler auprès d’organismes susceptibles de proposer le type d’emploi auquel on aspire, mais d’ici là on sera au moins sorti du chômage et on sera parvenu à s’assurer une rentrée de salaire, même si elle n’est garantie que pour un temps).

Si le candidat n’obtient ni CDD ni CDI, ni même un stage des entreprises auprès desquelles il a postulé, il ne doit pas hésiter à les recontacter afin de leur demander si un stage non rémunéré (en travail bénévole) peut être envisagé. L’objectif ici est que notre chômeur puisse au plus vite réintégrer une structure et un cadre professionnel et tenter ainsi d’acquérir de l’expérience à faire valoir dans la suite de son projet professionnel.

Nous sommes persuadés qu’une personne au chômage ne devrait jamais s’interdire d’envisager un projet professionnel ni même un vrai projet de carrière auxquels elle pourrait décider de commencer de travailler alors même qu’elle est au chômage. Avoir une vision sur le très long terme de ce qu’on veut voir être sa vie professionnelle permet de fixer une ligne de conduite, de connaître les étapes à franchir, n’en serait-on pas encore à la première qui consisterait d’abord à sortir du chômage. Avoir une vision de ce qu’on souhaite voir se réaliser est un moteur extrêmement puissant à l’atteinte de ses objectifs.

Le chômeur cherchera également à se donner les moyens d’atteindre les perspectives et/ou les objectifs de réinsertion et de progression professionnelles qu’il s’est fixés en passant par les moyens qu’il jugera nécessaires à la réalisation de cet objectif. Ces moyens peuvent prendre des formes toutes plus diverses les unes que les autres, déterminées par la nature de l’objectif fixé. Mais citons ici quelques exemples de moyens qui peuvent être utiles à un tel projet : la création d’un réseau professionnel, la participation à des ateliers de formation et/ou de sensibilisation, l’intégration d’un groupe de parole et/ou de soutien, la participation à une ou plusieurs formations complémentaires, la demande de soutien d’un ami et/ou d’une connaissance susceptibles de fournir au chômeur plus de moyens en la matière…

Il nous semble également important dans cette quête d’un emploi de se donner les moyens de garder une vision d’ensemble des démarches entreprises et prévues. Chacun choisira l’outil qui lui conviendra le mieux, mais nous préconisons l’utilisation d’une tabelle Excel permettant d’être remaniée et adaptée à volonté. Il pourra être utile d’y inscrire à quelle date quelle postulation a été envoyée à quel employeur, le délai de réponse de ce même employeur, les relances faites, le feedback de l’employeur en cas de refus…. et tout ce que le chômeur considérera comme nécessaire à l’atteinte de ses objectifs.

Un ORP n’est ni un bureau de placement ni un office d’orientation professionnel, ni un institut de formation permettant d’acquérir de nouvelles compétences, mais il peut aider un chômeur à s’engager sur la voie de la formation si le chômeur le souhaite et surtout s’il en fait lui même la demande. Ainsi si la personne en recherche d’emploi souhaite atteindre un des points ci-dessus mais qu’il ne lui est pas directement accessible, elle cherchera ce qui lui manque et/ou ce qu’il faut faire concrètement afin de l’atteindre (en demandant à son conseiller ORP ou à des entreprises spécialisées en placements professionnels fixes et/ou temporaires ou encore directement auprès des entreprises auxquelles elle aurait envoyé une candidature qui aurait été refusée). Rien ne l’empêche – afin d’augmenter ses chances – de combiner plusieurs de ces propositions.

Peut-être paraîtrons-nous rébarbatifs ou vieux-jeu à certains lecteurs, mais nous préférons la franchise à une langue de bois hypocrite et improductive et oserons affirmer que pour réussir sa sortie définitive du chômage, il faut… beaucoup travailler et ne surtout pas compter ses heures de recherches d’offres de services en multipliant les canaux de recherche : journaux, internet, entreprises de placement, offres de services spontanées, offres de stages (avec modération…), etc.

Il est également important que la personne en recherche d’emploi ait une vision très claire de ce qu’est son profil professionnel actuel. Ce dernier sera bien sûr susceptible d’évoluer si le chômeur suit des formations tout en continuant d’être au bénéfice de l’assurance-chômage, ce qui lui permettra de se profiler à d’autres postes et ainsi d’augmenter ses chances de réintégrer le monde du travail.

Nous sommes persuadés que rien n’est plus difficile que d’avancer sans savoir où l’on souhaite arriver, car beaucoup de temps et d’énergie se perdent nécessairement en chemin, alors qu’on serait plus avisé d’utiliser ce temps et cette énergie à atteindre un but de réinsertion professionnelle clairement défini. Dès lors nous ne pouvons que conseiller tout chômeur de décider d’un réel projet de réinsertion professionnelle, de donner forme à ce projet, de le planifier précisément et de le mettre à jour et/ou l’adapter à chaque étape franchie.

Enfin – et nous terminerons cette réflexion là-dessus – bien qu’un chômeur soit avant tout un demandeur, il doit également savoir se projeter dans le rôle du pourvoyeur de compétences. En d’autres termes il doit être capable de mesurer ce que son profil peut apporter à un poste pour lequel il souhaite envoyer sa candidature, ceci afin de trouver les meilleurs arguments de postulation possibles. Ceci lui permettra également de savoir quelle(s) formation(s) complémentaire(s) il devra éventuellement suivre afin – à l’avenir – de pouvoir effectivement prétendre à un tel poste si ce dernier l’intéresse et qu’il le trouve alléchant.

Nous espérons que les quelques tuyaux que nous nous sommes proposés de présenter dans cet article soient effectivement utiles au plus grand nombre et que les personnes en recherche de travail sachent les adapter à leur environnement, à leur curriculum de formation, ainsi qu’à leur parcours professionnel précédant leur recherche d’emploi.

Cette longue réflexion que nous nous proposons de poser sur ce qu’être au chômage implique se poursuivra dans nos prochains articles qui – nous l’espérons – sauront offrir un tableau qui – à défaut d’être exhaustif en la matière – s’avérera être un outil utile aux personnes désireuses de sortir du chômage.

Soyez inventifs, créatifs, travaillez dur, sachez sortir des sentiers battus et croyez en vous. Ajouter à ceci une solide structure de formation(s) et l’avenir ne pourra que vous sourire.