Nous poursuivons ici notre longue réflexion ayant trait au chômage, ainsi qu’à ce qu’être chômeur implique pour les personnes concernées et traiterons ici plus particulièrement de l’importance de rompe avec certaines habitudes et/ou certains fonctionnements non productifs, voire corrosifs et qui empêcheraient le chômeur de réintégrer le monde du travail. Il est important que toute personne en recherche d’emploi soit au fait que la procrastination est le pire de ses ennemis et qu’elle doit quotidiennement tout entreprendre afin de la combattre.
Quelles que soient les raisons qui auront engendré cette perte et/ou cette absence d’activité professionnelle, nous sommes persuadés que toute personne saine d’esprit et de corps peut retrouver du travail, indépendamment du contexte économique et/ou politique du moment et que ceci passe par diverses reprises en main personnelles qui – de candidat en candidat – prendront des formes spécifiques et diverses.
Nous vous proposons aujourd’hui une façon positive et constructive d’appréhender et d’organiser ses journées de chômeur et qui dans le même temps permettra de tenir tout type de procrastination en échec. Cette manière de faire peut être pratiquée par tout un chacun, quel que soit son background professionnel et/ou quelle que soit sa formation. Selon nous ceci consiste principalement à adopter un état d’esprit productif et à croire en sa propre réussite avant même le premier rendez-vous avec le conseiller de son office régional de placement.
Être au chômage implique pour les personnes concernées d’être confrontées à une foultitude d’incommodités plus ou moins grandes, comme l’évidente réalité de se trouver sans emploi, avec un revenu amoindri et souvent sans grandes perspectives immédiates. S’ajoute à ceci le fait que si l’emploi perdu requérait – au-delà des compétences strictement professionnelles – un niveau d’implication personnelle plus poussé, mobilisant les convictions intellectuelles, humanistes et/ou de philosophiques, s’en trouver privé peut impliquer de perdre une partie des repères qui nous définissaient en tant qu’Homme. Si – en plus de tout ceci – la perte d’emploi signifie pour le chômeur la perte d’un cercle relationnel professionnel qu’il trouvait agréable, intellectuellement stimulant, au sein duquel sa place était clairement définie et dont il appréciait de fréquenter les personnes, s’en retrouver couper peut parfois s’accompagner d’un véritable effondrement psychologique du candidat qui risquerait alors de perdre un contexte, un environnement… garant de bien-être et de stabilité.
Le chômeur ne doit jamais perdre de vue que son Office Régional de Placement a pour objectif premier de le remettre à tout prix et le plus rapidement possible au travail : il ne doit donc en aucun cas confondre un ORP avec une entreprise de placement dont il attendrait qu’elle lui fournît l’emploi de ses rêves.
Ceci étant conscientisé, poursuivons notre réflexion avec ce qui certainement représente la plus grande difficulté du nouveau chômeur, à savoir la gestion de son temps. Être salarié signifie être porté par un cadre de vie somme toute rassurant (même si l’on devait ne pas apprécier son emploi), car se rendre tous les jours à son travail implique une routine de vie qui automatise bien des aspects du quotidien d’un individu, ce qui de fait empêche que ce temps devienne un gouffre de questionnements et de remises en question personnelles potentiellement très angoissants. Le chômeur quant à lui se trouve au contraire à longueur de journée confronté à ce vide de l’inactivité qui peut s’avérer aussi stressant que le travail d’un convoyeur de fonds : la différence est que le convoyeur sait que la nature de son stress est due à un contexte professionnel bien défini garant d’un salaire, alors que le stress du chômeur est généré par l’incertitude, le doute, l’inconnu… qui à eux seuls peuvent prendre des formes si diverses et inattendues qu’elles risquent d’en devenir véritablement vertigineuses.
Et le temps file tout aussi rapidement – si ce n’est plus – pour un chômeur que pour un salarié. La différence entre les deux étant qu’au bout de son mois de travail, l’employé reçoit un salaire censé le faire vivre jusqu’à l’arrivée du prochain salaire. Le salarié pourra peut-être également prévoir faire des économies avec une partie de cet argent, économies lui permettant de monter un capital à l’aide duquel il pourra atteindre des objectifs plus personnels qu’il se serait fixés, alors que le chômeur se trouve lui – en principe – dépourvu de cette possibilité d’inclure la notion de perspective(s) [de vie, d’avenir…] à son quotidien. Ceci s’accompagne souvent d’une sensation de stagnation et d’un laisser-aller qui non seulement sont néfastes à l’individu mais qui peuvent également s’avérer très chronophages.
Vous l’aurez compris : nous sommes de l’avis que le pire ennemi du chômeur est la perte de temps. Pour vaincre cet ennemi nous ne proposons qu’un seul remède : organiser ses journées et remplir son emploi du temps à l’image de celui d’un ministre.
En effet, pour quelles raisons un chômeur – sous prétexte de ne pas se trouver dans l’obligation d’être présent au bureau ou à l’atelier de 8 heures à 17 heures du lundi au vendredi – se laisserait-il aller à perdre son temps ? Nous avons nous-mêmes fait cette terrible expérience de la perte de temps lorsque nous étions au chômage, perte de temps qui se manifestait par un réveil quotidien très tardif, suivi d’une inactivité matinale presque complète et du gâchis de semaines entières passées à regarder la TV, à vagabonder sans but dans les rues à regarder les vitrines et/ou à tuer le temps à passer certaines fois tout un après-midi à ne boire qu’un seul café (faute d’argent !) à une table de restaurant. Résultat : trois mois de dépression profonde qui – à nouveau ! – faute d’argent, n’a pas été suivie par un spécialiste, mais que nous avons – vaille que vaille – soignée par nos pauvres moyens personnels…
Jusqu’au jour où en sortant d’un rendez-vous avec notre conseiller de la caisse de chômage où nous étions inscrits nous avons décidé de prendre en mains notre sortie du chômage. Ce choix s’expliquait par le fait que notre ORP ne nous proposait que des emplois de réceptionniste, de vendeuse de cartes téléphoniques… et autres types d’occupations alors que nous étions en possession d’un diplôme universitaire. (Notons ici que cette prise en main personnelle s’est faite tout en continuant de remplir de façon très disciplinée toutes les obligations qu’impliquait l’aide tout-à-fait salutaire que représentait le versement par notre caisse de chômage de nos indemnités mensuelles sans lesquelles nous nous serions invariablement retrouvés à la rue).
Le déclencheur s’est – comme souvent – trouvé être un évènement en apparence totalement insignifiant : en effet, en sortant du bâtiment où se trouvait les bureaux de notre office régional de placement nous nous sommes assis à la terrasse d’un restaurant où nous avons passé tout un après-midi où nous avons pris le temps d’observer la mine et l’attitude générale de toutes les personnes très pressées et manifestement salariées qui passaient devant nous, la terrasse étant adjacente à une rue encombrée tant de trafic automobile que de passants.
Notre réflexion a été des plus simplistes, à savoir : ces gens se rendent de toute évidence à leur travail et semblent avoir un emploi du temps très chargé alors que nous sommes non seulement sans emploi mais aussi SANS EMPLOI DU TEMPS. Et voilà le déclencheur qui nous a permis – moins de trois mois plus tard – de faire nos adieux à notre caisse de chômage et de signer notre premier contrat de travail !
Nous nous sommes donc astreints à un emploi du temps quotidien extrêmement strict et fourni. Comme indiqué plus haut, nous sommes persuadés que l’angoisse et la peur, en plus du gouffre émotionnel, intellectuel et relationnel qu’elles peuvent représenter sont également très chronophages. En effet, il faut trouver la véritable cause de son malheur, la toucher du doigt pour ainsi dire pour ensuite l’observer, la reconnaître et la faire grandir par la génération de pensées ne tournant qu’autour de cet unique problème qui – ainsi – ne fait qu’enfler. Qu’on nous comprenne bien: à aucun moment ne minimisons-nous la gravité d’un état dépressif (que nous qualifierons dans ce contexte-ci de léger), mais nous pensons que l’activité mentale, intellectuelle, physique, ainsi que le contact social aident indéniablement à s’en sortir.
Nous conseillons donc au chômeur de s’imposer un emploi du temps très chargé qu’il saura varier en y introduisant évidemment principalement ses recherches d’emploi, mais également des activités de nature sociale, sportives, intellectuelles, ludiques, introspectives. Ceci permet non seulement de rester actif, mais c’est également une manière de se fixer des objectifs sur le court et le long terme et de se donner la force d’y travailler pour sortir du chômage.

Nous sommes persuadés que le travail personnel, l’autodiscipline, la régularité et la stabilité sont des facteurs de réussite tant dans sa quête de la sortie du chômage que dans tout autre aspect de vie. Nous proposons donc à la personne en recherche d’emploi de se comporter comme si elle en avait déjà un et que ce dernier réglât ses journées et son existence.
Ceci commence donc par un lever matinal, imposé par un réveille-matin consciemment fixé la veille et si possible à une heure qui soit matinale et identique de jour en jour, ce afin de repousser tout type de laisser-aller corrosif. Puis on fera sa toilette avant de prendre un bon et sain petit déjeuner pour ensuite se lancer dans une activité sportive en extérieur (style jogging ou parcours vita…) suivie au retour d’une bonne douche. L’activité sportive tue les toxines, oxygène et tonifie le corps et l’esprit. Si – comme nous en sommes convaincus – le mens sana in corpore sano est une vérité, nous sommes persuadés que tonifier son corps implique nécessairement que l’esprit et les idées s’en trouvent semblablement clarifiées et que cette clarté d’esprit permettra aussi à un chômeur de s’en sortir.
Si vous êtes éclatant de santé, bien dans votre tête et dans votre corps, si vous soignez votre apparence et que cette dernière vous plaît, il y a de fortes chances que cette belle image de vous-mêmes soit également ressentie comme agréable et intéressante aux personnes constituant votre milieu social. Vous gagnerez en confiance en vous et vous aurez aussi plus de chance d’attirer des personnes intéressantes dans votre vie, qui vous trouveront intéressant et digne d’être connu et pourrez – de fil en aiguille – vous constituer un réseau de relations et d’amis qui seront autant d’aides à votre sortie du chômage. Et croyez bien qu’un recruteur préférera toujours embaucher quelqu’un qui semble tout-à-fait à l’aise dans sa peau plutôt qu’un être dont le langage corporel – au lieu de dégager un véritable rayonnement – ne refléterait que le doute et l’angoisse.
L’activité suivante consistera à appliquer une des « recettes » proposées par Ronda Byrne dans son livre Le Secret, recette vieille comme l’Humanité et qui consiste à se projeter et à se visualiser tel qu’on souhaiterait se voir lorsqu’on ne serait plus au chômage et que tout irait pour le mieux dans son existence. Cette projection positive de soi-même devrait induire nombre de pensées positives qui devraient aider le sujet à se comporter comme s’il était déjà ce Monsieur ou cette Madame Succès qu’il/elle souhaite être. Entrer dans le rôle de ce personnage de Monsieur ou Madame Succès qu’on souhaite être induira une nouvelle forme de comportements (peut-être totalement anodins en apparence), mais qui – à défaut de porter des fruits immédiats – porteront le sujet vers cet idéal fixé. Ceci impose également un exercice d’adaptation à une nouvelle situation qui est nécessairement demandé à tout nouvel employé lorsqu’il débute une nouvelle activité professionnelle. Si la personne en recherche d’emploi sait s’adapter à un nouvel environnement, à de nouvelles circonstances (ne seraient-elles que le résultat d’une vision mentale), elle sera sans aucun doute parfaitement à même de s’adapter au nouveau contexte que représente nécessairement l’intégration d’un team professionnel.
Comme nous l’avons également déjà souligné dans un précédent article, s’imposer des comportements nouveaux bénéfiques nécessite qu’on commence par les apprendre et qu’on les fasse siens, ce qui peut prendre un certain temps d’apprentissage au cours duquel le sujet perdra également ses habitudes corrosives : il aura ainsi tout à gagner à agir de la sorte. Et n’oublions pas que le succès attire le succès.
En plus d’éviter de procrastiner, nous conseillons vivement aux personnes au bénéfice de l’assurance-chômage de préférer la compagnie de personnes actives professionnellement plutôt que de ne graviter qu’au sein d’un cercle d’amis et/ou de relations qui eux-mêmes sont au chômage. Pour en avoir personnellement fait l’expérience, nous savons à quel point l’on peut se sentir honteux à être seul chômeur au sein d’un groupe de salariés, même lorsqu’il s’agit d’un moment convivial, voire festif, mais passer ses samedis soirs en présences de personnes actives professionnellement et qui ne cherchent qu’à ce détendre permet de se confronter à ce qu’est la réalité hebdomadaire d’un salarié et à ce que peut être son rythme de vie, souvent très éloigné de celui du chômeur. Ce dernier se sentira alors dans l’obligation de ne pas jouer les trouble-fêtes en exposant son propre mal être et cet effort de maintien de soi et du contrôle de l’image qu’il renvoie aux autres ne pourront que l’aider lorsqu’il sera en présence d’un recruteur lors d’un entretien d’embauche.
Nous croyons également que sortir du chômage signifie oser passer ce premier cap : visualisez-vous tels que vous souhaitez être lorsque vous aurez réussi votre sortie du chômage et persuadez-vous que vous parviendrez à en sortir. Prenez le temps de réfléchir à cette vision et à la fixer de manière très précise. Une fois l’image fixée, l’objectif est fixé : il suffit de travailler quotidiennement à s’en approcher jusqu’à l’atteindre. N’oublions pas qu’il est toujours plus aisé d’avance lorsqu’on sait où l’on va plutôt que perdre son temps et son énergie à errer sans but.
Le but, c’est le chemin (philosophie orientale).
La vie, c’est le mouvement. Vivre, c’est avancer.
Nous pensons qu’un candidat qui se met en mouvement et qui a décidé de réussir sa sortie du chômage sera déjà parvenu à croire en lui. Au fur et à mesure de sa progression, il accomplira son cheminement pas à pas, gagnera en confiance, en assurance et en expérience et parviendra ainsi à se donner les moyens de son succès personnel.
Nous continuerons de développer des thématiques en lien avec la sortie du chômage dans de futurs articles. D’ici là, nous espérons que ces quelques lignes sauront en particulier être utiles aux personnes au bénéfice de l’assurance-chômage (mais également à tous les autres) qui auront eu le courage de les lire et nous nous joignons à Catherine Bensaïd pour vous dire Aime-toi, la vie t’aimera.
Nous vous souhaitons plein succès dans la réalisation de vos projets et dans la réussite de votre vie.
Votre team LINGUADVENTURE.
